« Ni blonds, ni bruns, les roux sont des gens à part. Ils font partie de ces minorités qui se définissent par le regard que les autres portent sur elles. Pourtant, ils ne constituent pas une ethnie et n’ont ni communauté de langue, ni patrimoine culturel commun… »
Xavier FAUCHE


 

 

 

 

 

 
Historique
 
La couleur rousse se décline en d’innombrables nuances : blond vénitien, poil-de-carotte, feuille morte, auburn, mordoré, rouille, caramel, ambre, orange, fauve, cuivré, brique, setter irlandais… Voici l'origine :

 

 

 

 

Lorsque les premiers hommes ayant perdu leurs fourrures, leur peau à due s'adapter au climat, de manière à être plus résistante aux attaques du sol

La mélanine à travers un processus complexe s’est modifié pour s’acclimater et aurait eu pour effet l’apparition d’une mélanine « atypique », et ainsi, des premiers sujets roux. On les retrouve alors sous des cieux plus cléments, notamment en Europe centrale. Ainsi, ils auraient essaimé dans les pays plus au nord. Encore aujourd’hui, les roux sont étudié de manière très sérieuse.

Les personnes rousses présentent une extrême difficulté, voire une totale incapacité à bronzer et une grande vulnérabilité aux coups de soleil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les origines d'un certain ostracisme

Le bouc émissaire est celui qui catalyse les peurs et las angoisses. Les roux ont joué le rôle du bouc émissaire à diverses reprises, au cours de l’histoire :

En Égypte ancienne, pour venger Osiris, mais également pour attirer ses bonnes grâces, puisqu’il incarnait l’esprit du blé, on répandait les semis les cendres d’hommes roux, préalablement brûlés, dans l’espoir de récolter des épis bien dorés. Au Moyen Age, dans l’Europe entière, certains animaux payèrent en raison de leur couleur rousse. Mardi-gras, Pâques ou la Saint-Jean étaient autant d’occasion de sacrifier, dans les feux de joie, chat renards et autres écureuils.

 

 
Durant la longue période de l’inquisition, qui voit son apogée au XVIIème siècle, les roux étaient suspectés d’entretenir commerce avec le diable avec pour preuve que les cheveux avaient pris la couleur des flammes de l’enfer, dont ils s’étaient tous rapprochés. Éphélides et grains de beauté figurent parmi les signes incontestables de Satan : les femmes qui en portaient avaient eu des relations sexuelles avec le diable. Leur ponctuation épidermique les désignait comme des sorcières. On estime que ces marquent conduisirent près de 20 000 femmes au bûcher, sur une période d’un demi siècle et demi.
Parmi les nombreuses spécificités négatives attribuées au roux, l’odeur tient une place de choix. La transpiration du roux, plus encore de la rousse, et depuis toujours réputée déplaisante. Nombreux roux se plaignent d’avoir souffert ou de souffrir encore d’une prétendue senteur lorsqu’il se met à pleuvoir.

 

 

 

 

 

 

 

 





 

 

 

 

 

 

 

   

Bien sûre, tous les roux ne peuvent pas prétendre à la beauté mais la laideur physique prêtée à nombre d’entre eux dans la littérature est symptomatique. Mais le plus incisif se trouve dans le personnage de quasimodo, rejeton abandonné d’une famille de bohémiens, Victor Hugo écrit : «  Une grosse tête hérissée de cheveux roux… Quasimodo est un esprit atrophié dans un corps manqué » opposé à la séduisante Esméralda.



L’iconographie montre les roux comme emportés sanguinaires, exaltés. Ces stéréotypes permettent de peindre le caractère des personnages par l’intermédiaire de leur chevelure. Se sont donc retrouvés roux, ou rousses : Mars, dieu de la guerre, Judith qui trancha la gorge d’Holopherne, ou encore les Danaïdes qui tuèrent leurs époux la nuit de leurs noces. On retrouve cette facette dans certaines représentations cinématographiques. La culture punk va largement utiliser cet icône en se colorant leurs extravagantes coiffures.

Mark Twain, l’écrivain, ne se trompait pas quand il affirmait, non sans ironie :

" Au-delà d'un certain niveau social, on n'est plus rouquin mais auburn. "
 

De nombreux témoignages montre que la reconnaissance de l’enfant roux       peut alors être difficile par les parents et sur le plan social. Une formule     explicite cette anomalie : « c’est le fils du facteur ! ». La mère devient     coupable, le père un mari « trompé » et l’enfant la preuve vivante de la     forfaiture, celui par qui le scandale arrive. Souffre douleur de la famille, tel poil     de carotte, le roux a une forte tendance au repli sur soi.

La gloire des roux
« Il était roux, avait de beaux yeux, et une belle apparence »

C’est ainsi que David est décrit dans la bible. Au contraire d’Ésaü, la rousseur de David symbolise une énergie vitale forte, canalisé et orienté vers le bien. Mis à part ses prouesses contre le géant Goliath, il était aussi un musicien talentueux et l’auteur inspiré de certains psaumes, homme politique habile et chef de guerre victorieux. L’homme tient une place unique dans la bible car, doté de tous les dons, il est à la fois ancêtre, précurseur et préfiguration du christ qui sera souvent désigné, dans le Nouveau Testament, comme « fils de David ». C’est probablement à partir de ce lien de parenté que certains peintres ont choisi de représenter le christ roux. C’est aussi la raison pour laquelle certains tableaux montrent la Vierge rousse. Saints ou saintes bénéficient également de ce signe d’identification.

 

  
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 





 

Mais c’est par la femme que le virement se fait plus net. D’une belle brune ou d’une belle blonde, on dit qu’elles sont belles. D’une belle rousse, on dit qu’elle est éclatante. Les descriptions de chevelures les plus enflammées concernent essentiellement les femmes. La femme rousse est aussi une pulpeuse femme de charme, notamment reprise dans des personnages d’animations.




 

 

 

 

 

 

 

 

 

La femme aux cheveux roux est tout de même destinée à crédibiliser l’image d’une consommatrice idéale, tout à la fois féminine et avisée, déterminée dans ses choix; Où se mue en mannequin flamboyant. De la beauté à une certaine déviance sur un caractère hypersexuel résidu d’une certaine violence stigmatisée différemment.

 




 
 
 
 
 
 
 
 
 

Ces flammes que les peintres et les écrivains ont glorifiées, certains ont cherché à les mettre dans leur chevelure. Ce choix personnel de la rousseur prend des significations différentes selon les époques et les cultures. En Europe, ce choix concerne uniquement les femmes. En Afrique du Nord et au moyen Orient, la coloration au henné tient de la religion et de la magie autant que du soin et de la beauté.  « C’est une plante du paradis », dit le prophète. Les valeurs thérapeutiques et symboliques du henné tiennent de sa couleur qui s’apparente au sang, symbole de vie, de courage, de vigueur et, pour les femmes, rappel du sans des règles qui évoquent les cycles de la vie, et donc de la fécondité. La teinture rouge est une pratique courante dans les sociétés traditionnelles. En Océanie, les indiens d’Amériques connaissent depuis toujours la recette destinée à se roussir les cheveux.





   












 

 

 


 
Plus près de nous, le chanteur David Bowie crée Ziggy Stardust en 1972, personnage irréel aux cheveux rouges. Il met fin à l’aventure un an après mais ce personnage connaîtra une certaine pérennité au travers des nombreuses imitations qu’il a suscité parmi les pop stars des années 1970-1980. Sous l’appellation de punks « voyou-pourri » en argot américain, leurs fans se reconnaîtront dans ce personnage caractérisé par l’agression et la dérision.




 

 


 

Il est curieux d’observer que dans le domaine de l’animation, des dessins animée, les roux sont surreprésentés au regard de leur place statistique dans la population. Du O’Malley des Aristochats au prince de la belle au bois dormant en passant par la petite sirène, Robin des bois et Peter Pan sans oublier Tom Sawer…Ils tiennent des rôles important dans l’œuvre de Walt Disney. Dans la même lignée, toujours du coté du faible contre le fort, Tintin, Red Rider, Spirou, Mortimer, Obélix… Tâches de rousseur et minois espiègles, sympathique et décidé, les adolescents roux deviennent des modèles auxquels doivent s’identifier des jeunes ?



      
 

 


 

A mi-chemin entre l’utopie et la science, le DR Césarini, dermatologue,
envisage avec un humour certain…

Un avenir totalement roux pour l’humanité toute entière :
« Sur un plan tout à fait théorique, le nombre de mutations capables d’entraîner la présence de gènes roux, non hérités, est assez importante.
On ne peut aller que vers le gène roux ! »


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